Ariel (1865)

Seul clipper à arborer la lettre "A", l'Ariel fut l'un des premiers clippers composites Britanniques. Il fut construit pour desservir Londres avec Foochow en Chine à l'époque où le commerce du thé donnait lieu à des régates acharnées. Il fut commandé par la Shaw, Lowther, Maxton & Co de Londres aux chantiers Robert Steele & co de Greenock. Sa coque était composite, avec des couples en acier et un pont en teck. Sa voilure innovait avec l'apport d'un étage de voilure supplémentaire (d'ordinaire, les phares carrés comptaient 5 étages). Il mesurait 197,4 pieds entre perpendiculaires (coque seule) soit environ 60,16 mètres de long par 10,33 de large et jaugeait 853 tonnes net au registre, et plus de 1060 brut. 100 tonnes de ballastage en acier étaient ajoutés dans sa coque, de façon à parfaire sa stabilité et compenser sa grande hauteur de mâts.

En octobre 1865, il fut lançé pour sa première grande traversée vers la Chine (Gravesend-Hong Kong) et retour, qu'il effectua sous le commandement du capitaine Keay en 79 jours et 21 heures de pilote à pilote, ou 83 d'ancrage à ancrage, contre la mousson, ce qui était en soi un bel exploit, et l'année suivante en 1866, il participa à la grande course du thé avec d'autres fameux clippers, le Taeping, le Fiery Cross et le Taitsing. Il se rendit célèbre par sa très courte défaite face au Taeping, qui arriva 20 minutes avant lui aux docks de Londres... Ce n'était que la première des confrontations entre les deux vaisseaux. L'Ariel prendra sa revanche deux ans plus tard.

L'Ariel en 1868 (au second plan), courant contre le Taeping de retour vers l'Angleterre (img wiki ldd).

En 1867, il fut battu de quelques heures par le Sir Lancelot, ne parvenant pas à disposer de la maîtrise des cours du Thé, après une autre course épique de 99 jours depuis Foochow, en passant comme toujours par le cap de bonne espérance. En 1868, enfin, les lauriers tombèrent à point pour l'Ariel qui passa devant son rival de toujours, le Taeping , avec une heure d'avance sur ce dernier, et la satisfaction de ses armateurs qui empochèrent les gains majorés de 10 livres par tonne. Bien qu'arborant une voilure plus importante que le Taeping, l'Ariel était réputé plus large et moins hydrodynamique que son conccurent. Mais l'année suivante, en novembre, après 11 ans de travaux pharaoniques, le canal de suez était inauguré. Dès lors, la grande époque des courses du thé était révolues, et l'Ariel comme bien d'autres clippers, perdit sa raison d'être.

Ses armateurs lui trouvèrent cependant une nouvelle occupation, avec la commerce de la laine entre Melbourne et Londres. Là encore la vitesse jouait un rôle conséquent, et faute de canal de panama, il fallait contourner l'amérique du sud via le cap Horn. Par contre, seul le retour donnait lieu à compétition, l'aller se faisant avec de lourds chargements divers. L'Australie, de pénitentier, se muait en colonie. La dernière traversée se l'Ariel commença en 1872. Commandé par le capitaine Talbot, il partit le 31 janvier de Sydney, mais n'arriva jamais à Londres. On retrouva en août une baleinière de sauvetage avec à bord un gilet marqué du "A" gothique de l'Ariel. On présume que la navire sombra après avoir passé le cap de bonne-espérance, quelque part dans la mer australe. On à jamais localisé son épave et donc les causes de sa disparition restent mystérieuses... Le fait qu'il ne transportait que de la laine et non des chargements plus onbéreux à aussi été une raison du manque d'engouement des chasseurs d'épave à son endroit...

 
Retour