LES BOUTRES

Le Boutre n'est pas un navire arabe, c'est une véritable famille de navires partageant des caractéristiques communes, comme la coque, large (environ 4 pour 1), taillée à la serpe, avec trois pièces maîtresses dont l'étrave, longue et élancée, la quille, et l'étambot, moins penché, et un ou deux mâts portant des voiles latine-sétie. Les plus petits ne font que huit mètres pour 50 tonneaux. Les plus grands, comme la Baghala, jusqu'à 500 tonneaux et plus. Leur construction n'a pas varié depuis leur apparition, vraisemblablement au bas-moyen-âge. Les boutres étaient rarement pontés, pour maximiser l'emport de charge. C'était un caboteur, qui pouvait être échoué sur la grêve et reprendre la mer avec la marée chaque jour, comme les cargos de l'antiquité. Grâce à la simplicité de son gréément, l'équipage pouvait être réduit à quelques hommes. Les Batel ou Batil, Baqarah, Dinghy, Kotia, Odam, Daou, Balam, Mtepi, Baghala, Shuai, Zaima, Zarook, en sont des dérivés. Les boutres sont toujours construits en bois, même si la propulsion est depuis longtemps souvent assurée par un robuste moteur diesel, voir un gros moteur de hors-bord. Certains zarooks ou Zarougs sont d'ailleurs l'embarcation favorite des trafiquants et pirates de Madagascar à la Somalie. Les Boutres à voile se servent traditionellement de la mousson pour assurer le transport de dates ou de bois de mangrove entre l'inde et le golfe persique. Les "dhows" sont plus généralement des dérivés plus légers et plus fins de ligne qui relient Madagascar et le golfe du Bengale, toujours par cabotage. Leur construction était solide et en son temps le boutre fut copié par les Portugais, qui crèrent la caravelle tout en chêne, mais basé sur la même architecture.

 
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